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06. Scène 06.

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Scène 06.

Cependant, sur le parking une voiture de surveillance s’est garée. Deux hommes de la cinquantaine en descendent, en plaisantant nonchalamment, comme dans une mission de routine. Ce sont deux vigiles qui font leur ronde nocturne d’inspection. L’un agite son trousseau de clefs, l’autre tient une grosse lampe-torche au bout d’une poignée, et ils se dirigent vers l’entrée.

Trois tours de clef et ils ouvrent une petite porte metallique, tout en échangeant des remarques mordantes ou blasées sur leur boulot. Ils pénètrent, vont refermer la porte lorsqu’une voix rocailleuse les interpelle de l’extérieur, du plus fort qu’elle peut :

— Hého ! Hého ! Vous... là !

C’est le clochard de tout à l’heure. Il leur lance même une poignée de graviers qui ricochent sur le métal et les portes vitrées avoisinantes. Jenny, de l’intérieur entend ces ricochets, et soudainement intriguée et apeurée, se rapproche de la scène et se met à l’affût. Rob, qui la suit sur les écrans, s’inquiète de son changement d’attitude et scrute tous les écrans.

— Hého ! Hého ! ... continue le clochard en criant. -Ho ! dites... vous auriez pas une petite clope en plus, dites ?

Les deux vigiles, sur le qui-vive, se décontractent :

— Ah ! bon. Ca va. C’est Cartoune !

Ce clochard devant eux est un familier de leur tournée. Ils le connaissent depuis des années.

— Jamais pendant le service, Cartoune, tu le sais pourtant.

— Ahaaah ! ...’xcuse ! ... Une p’tite blonde américaine, hein, dis, ça fait trop longtemps ... hein ?

Ca y’est. Rob les voit enfin gesticuler sur l’un des écrans. Il comprend tout de suite qu’il faut sauver le navire. Une rasade cul-sec, puis dans une frénésie de rangement il éteint tous les plafonniers, ferme les portes des bureaux, rebranche les sécurités... mais oublie sa bouteille de Chivas sur le bureau.

Une planque, vite, il lui faut une planque... Et Jenny, que va-t-elle faire ?

Les deux vigiles ont laissé Cartoune à la porte, soigneusement refermée à double tour, et commence leur traversée des rayonnages, balayant la lampe-torche de-ci de-là tout en plaisantant... Ils passeront devant Jenny, momifiée en mannequin, sans s’en rendre compte. Tout au plus, quelques détails de désordre dans les rayonnages les émoustillent, mais la routine fait le reste.

De fait, ils se dirigent vers la petite porte des bureaux, là où est resté Rob. Ils montent l’escalier, allument les plafonniers et s’acheminent vers le bureau de surveillance. Ils ouvrent la porte, lumière... une bouteille de Chivas trône sur le bureau. L’un d’eux s’en saisit :

— Eh ben, s’ennuie pas l’ patron ! Y’a encore le collier anti-vol au goulot !

— Ho ! Ho ! Tout bénef. On peut s’en prendre une petite lampée, non ? Ca passera dans les faux-frais.

Il ouvre un tiroir et tombe sur le verre de Rob, au milieu des papiers.

— Ah ! ben voilà ! C’est la classe ici !

Un coup d’oeil routinier sur les écrans, le système de sécurité, les boîtiers électriques, les alarmes... Et toujours le même ton badin, amusé et critique. Et quelques rasades de whisky, avec des gestes de connivence. Rob est nulle part ici, bien à l’étroit dans sa planque.

Fin de la tournée des bureaux, les deux vigiles éteignent les lumières,descendent l’escalier, et referment la porte à clef. Rob souffle un grand coup.

En bas, le halo de la lampe-torche s’éloigne vers les caisses. Une dernière réflexion désabusée à propos d’une caisse ouverte, et les vigiles s’en vont, le devoir accompli.

Rob bondit dans l’escalier et se heurte à la porte fermée à clef.

— Jenny ! Jenny ! entend-on résonner dans l’immense surface. Elle accoure vers Rob et se fâche de la situation :

— J’ai failli crever de peur, tu es fou !

— Arrête tes jérémiades, s’il te plaît, rétorque Rob. Va plutôt chercher un chalumeau ou un pied de biche au rayon des outillages. Sors moi de là !

Jenny s’éxecute en maugréant, ne sachant pas très bien où donner de la tête. Au passage, elle extirpe d’un énorme tas de réclame qui se trouve aux alentours, un patin à roulettes, et s’en chausse, patinant d’un pied à travers les rayons. Elle titube un peu, elle ne sait pas très bien, trébuche, repart... et revient avec un marteau et un tournevis. Elle défonce la serrure (ou bien, Rob aurait ouvert de l’intérieur une fenêtre vitrée coulissante ? ) et les voilà qui s’embrassent.

— Toi.

— Oui. Moi.

— J’ai failli crever de peur, tu es fou !

— Viens ! Je vais te faire visiter mon studio-cuisine... et salle de bains. Tu sais, tout nous appartient cette nuit.

En passant près des caisses, Rob, soudain saisit d’une inspiration, s’écrie :

— Tiens ! Je vais te faire un poème !


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Trois cent douze mille quatorze vingt-six et trois ôté de trente sept mille huit cent mille fois quarante seize il reste neuf virgule et je retiens une fois un, un virgule sept cent millions zéro zéro zéro zéro zéro zéro deux pour cent sur soixante dix-sept cents et soixante quinze centimes divisé par deux ça fait beaucoup ça fait beaucoup ça fait beaucoup ça fait beaucoup ça fait beaucoup de bruit. Ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! ah !


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