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14. Scène 14.

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Scène 14.

Applaudissements. Hourra !!!!

Rob qui est resté perché dans le bureau pour regarder la pantomime est sur le point de rallumer les lumières, quand brusquement, en un clin d’oeil, sur l’un des écrans qui ciblent quelque part vers les souffleries, une porte s’ouvre, un plafonnier s’allume, imprimant sa tâche de lumière sur le cadran. Une femme de ménage vient de faire son apparition. Elle semble grimper, sans se presser, sur un véhicule de nettoyage qu’elle met en route. Rob regarde sa montre :

— Merde, cinq heure du matin.

Une femme de ménage, à moitié endormie, là, dans les coulisses du magasin, et qui vient, qui vient et s’approche lentement mais inexorablement d’une porte battante, avachie sur une énorme cireuse- lustreuse, au bruit épouvantable.

Panique à bord, il faut quitter le navire. Non, justement, pas de panique, il faut se replier en bon ordre, que chacun se retire sans s’affoler mais sans perdre de temps. Il lance ses ordres par hauts-parleurs.

Non, pas par les portes, par le haut. Il y a un vasistas et une échelle d’incendie, ici. Prenez tout ce qu’il vous faut.

Et tous s’activent, chacun emportant un souvenir de cette nuit au-delà du rêve, qui une échelle de corde, qui un chapeau, qui une bouteille de vin, qui un foulard... Vite, vite et en silence. Par le vasistas qui est là, où tous s’engouffrent à la queue-leu-leu, rejoindre les toits-terrasses et l’échelle d’incendie.

Rob sera le capitaine qui quitte le navire en dernier, il observe la retraite à travers les écrans, la grande surface se vide, les lumières s’éteignent une à une, le silence se fait, les rayonnages retrouvent leur pénombre, tandis qu’abasourdie par le bruit lancinant de sa machine, la femme de ménage progresse, tamponne la porte battante et pénètre à son tour dans l’espace libéré.

Dernier bouton, dernière lumière qui s’éteint, dernier écran qui s’endort, dernière porte qui se ferme, dernière silhouette qui se perd dans la nuit.

— Viens.

— Oui, je viens.

Ils se prennent par la main, disparaissent par l’ouverture, longent le toit-terrasse, redescendent par l’échelle de secours, reprennent pied sur le sol, derrière le supermarché. C’est une sorte de terrain vague, un autre bout du monde, l’envers d’un décor clinquant. Rien que des tas de vieux frigos, de vieux machins, chaises cassées, meubles dépareillés, machines à laver aux portières béantes, rebuts abandonnés, inutilisables, qui forment un immense champ de décharge, un paysage au-dessus duquel le ciel s’éclaire.

Lever de soleil, devant lequel il se tiennent tous les deux, main dans la main, et qu’ils regardent s’épanouir.

Musique finale, mais ils ne chantent pas, ils ne bougent pas, ils sont simplement là, l’un près de l’autre, l’un contre l’autre, deux êtres qui se détachent au milieu de cet amoncellement de ferraille, en silhouette contre le ciel embrasé.


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